4 personnes racontent leur pire histoire de premier jour au travail - News Read Free Here

4 personnes racontent leur pire histoire de premier jour au travail

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Arriver en retard parce qu’il y a toujours une panne dans le métro au mauvais moment, chercher la toilette dans un labyrinthe de bureaux, tenter de retenir les prénoms de ses nouveaux collègues par des trucs mnémotechniques inimaginables; la première journée au travail a toujours un petit quelque chose de déstabilisant.

Agrémentées par la nervosité et le manque de sommeil relié à celle-ci, ces premières heures sont déterminantes et pour certains, carrément traumatisantes. 4 personnes font le récit de leur plus grande mésaventure au jour J.

La blonde de l’autre

Par Marilyse, 31 ans


Mon copain m’avait aidée à mettre le pied dans la boîte, comme on dit. Il m’avait permis d’obtenir un poste dans une agence publicitaire réputée de la métropole. Le bonheur!

Il avait simplement donné mon nom au big boss, mais mon processus d’embauche s’était déroulé normalement et dans les règles de l’art. Bref, mon emploi, je l’avais obtenu pour les bonnes raisons. 

La veille de mon premier jour au travail, ledit chum a eu la charmante idée ou plutôt le charmant timing de me crisser là.

Quand les changements arrivent, ils arrivent tous au même moment, je me disais.

Résolument ébranlée de la nouvelle, je tentais tant bien que mal de me rassurer à la veille du grand jour, me rappelant que je ne le croiserais pas le lendemain matin puisqu’il ne travaillait pas, heureusement. Au moins, mon regard n’allait pas croiser le sien.


Avec mon semblant de confiance et mes yeux juste assez bouffis d’avoir braillé la veille, je marchais vers la boîte prête pour le grand jour.

Malheureusement, je n’avais pas pensé que mon employeur me ferait faire l’incontournable virée de serrage de mains malaisante en me présentant comme «la blonde de l’autre». Un bon 14 fois. 

- «Ah, tu es si mignonne, vous devez tellement bien aller ensemble.»

- «J’ai tellement entendu parler de toi.»

- «T’inquiète pas, on va essayer de vous faire travailler sur les mêmes quarts de travail.»

La plus grande erreur cette journée-là, c’est moi qui l’ai faite, pas eux. Je n’ai rien dit. Je n’ai juste pas osé répondre.

Je nourrissais la situation par des petites salutations candides. Je voulais être la nouvelle bubbly. Avoir su que ça me suivrait pendant des semaines, je l’aurais dit, jour 1. 

En avant la musique

Par Karyne, 29 ans

Ce n’était pas mon premier jour au travail, mais mon premier jour en ondes, comme animatrice d’une émission les matins de fins de semaine.

Le seul bémol à cet emploi de mes rêves, c’était que je devais me lever très tôt pour me rendre à la station, d’autant plus que j’avais 40 minutes de route à faire pour m’y rendre. 


Vous me voyez venir, c’est certain. J’animais très tôt le matin. Pas question d’être en retard. Mais oui, inévitablement, il fallait que je passe tout droit.

Je n’ai jamais entendu le cadran sonner et quand je me suis réveillée, en grosses sueurs, j’allais être en ondes dans 30 minutes top chrono.

Je suis vraiment gênée de dire la vitesse à laquelle j’ai roulé sur l’autoroute, partageant les deux voies tellement mes virages étaient téméraires.


J’ai mis les pieds dans le studio à 5h pile-poil. Dans le jargon du métier, on dit que le bed musical ou plutôt la ritournelle d’introduction de l’émission jouait déjà puisqu’elle était préprogrammée par le système de mise en ondes.

J’ai voulu ouvrir mon micro pour être forte et me lancer, mais entre larmes de stress et essoufflement parfaitement audible, j’ai bégayé l’équivalent de 4 mots, puis j’ai juste refermé le micro.

Inutile de parler. J’étais incapable de le faire. Fuck off. Le petit jingle quétaine jouait tout seul. 

«C’ÉTAIT QUOI ÇA?» était l’objet exact du message que j’ai reçu de ma patronne quelques heures plus tard dans ma boîte courriel. 


Juste à y penser, mon corps tremble encore. 

L’homme à tout faire


Par François, 24 ans


Lors de mon entrevue, mon employeur m’avait dit simplement: «Si t’es capable de laver de la vaisselle, tu fais la job». Du haut de mes 16 ans, je me foutais pas mal de passer mes fins de semaine à torcher des chaudrons collés pour avoir une simili-indépendance financière. 

Samedi 17h. C’était mon premier shift. Ça s’annonçait comme une grosse soirée. Des étudiants de médecine venaient célébrer leur fin de leur session.

200 personnes qui ne voulaient que boire et manger comme s’il n’y avait pas de lendemain. Et moi là-dedans, j’étais le seul plongeur affecté à la mission. 

J’ai à peine eu le temps d’enfiler mes gants en caoutchouc jaunes que les petites assiettes d’entrée sont arrivées massivement à la plonge. Le party ne faisait que commencer. 

Je lavais et essuyais tant bien que mal la vaisselle qui ne finissait plus de finir depuis des heures quand tout à coup, la barmaid est débarquée en trombe dans la cuisine: «Excuse-moi le nouveau, mais j’ai un service à te demander.»

Elle m’a amené près des toilettes et m’a dit: «Y’a une fille qui a pas mal trop bu et qui a pass out. Elle s’est comme...laissée aller sur elle-même.»

En voyant son regard dégoûté et gêné à la fois, j’ai deviné que ce n’était pas de l’urine. «OK, tu veux que je ramasse son dégât?», me risquai-je. «Ouin...» a-t-elle rétorqué comme une sentence. 

J’ai baissé la tête, conscient que mon rang ne me permettait pas de refuser. J’ai donc pris la moppe et j’ai exécuté.

Morale de cette histoire: il faut toujours demander ce qu’un employeur entend par «et toutes autres tâches connexes». 


La GROSSE job


Mickaël, 37 ans

J'occupais un poste dans une PME depuis 3 mois. J'avais enfin trouvé une place où je m'épanouissais au travail. Je me promettais de ne plus jamais retourner bosser pour une grande entreprise. 

Alors, quand une très grosse boîte m'a offert un poste, j'ai refusé sans demander plus de détails. 

Le recruteur a rappelé. Il a insisté. J'ai flanché. Je me disais qu'il n'y avait pas de mal à aller rencontrer le gestionnaire.

On m'a fait de belles promesses. On m'a offert un salaire très alléchant. J'ai donc laissé ma petite PME pour la grande entreprise. 

Au premier jour sur la job, mon voisin de bureau m'a interpellé.

«Ah ben, ils en ont trouvé un autre, encore! J'espère que tu vas durer plus longtemps que les autres avant toi. T'es le 4e dans ce bureau depuis 3 mois. Pis moi, je quitte bientôt aussi.»

Une autre voisine a poursuivi.


«Moi aussi, je quitte le mois prochain. Pu capable! Bonne chance, jeune homme!»

Aaah fuck. J’ai compris que j’avais fait une grosse erreur.  


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