
Hillary Clinton a gagné l’élection de 2016 par 3 millions de voix. Mais, à cause du système électoral américain défaillant et de l’ingérence russe, Trump s’est installé à la Maison-Blanche. Six femmes ont annoncé leur intention de prendre sa relève et de briguer l’investiture démocrate en 2020. Partout dans le monde les femmes aspirent aux plus hautes fonctions électives. Gouvernent-elles mieux que les hommes?
Regardons quelques cas récents notoires. Première constatation: les femmes dirigent souvent à droite.
Au pouvoir depuis 2005, la chancelière allemande Angela Merkel a été désignée à 12 reprises par le magazine Forbes comme la femme la plus puissante du monde. Elle est aussi maintenant la vraie leader du monde libre, vu l’incapacité morale et intellectuelle de Trump d’assumer cette distinction. Sans en avoir le titre, elle est aussi la présidente « de facto » de l’Union européenne. Elle imposa à l’Allemagne une politique d’austérité, honnie par la gauche, avant d’ouvrir le pays à une immigration massive du Moyen-Orient. La baisse dramatique de popularité que ses initiatives entrainèrent explique sa décision de quitter la politique à la fin de son mandat actuel.
Une autre femme politique de droite, Theresa May, était considérée comme la deuxième femme politique la plus puissante du monde avant que sa gestion du Brexit se révèle un désastre pour le Parti conservateur et pour la Grande-Bretagne. Son parti est en révolte ouverte contre son leadership qui ne survivra pas aux tribulations actuelles.
À Ottawa, Kim Campbell en imposait en 1993. Succédant à Brian Mulroney comme chef du Parti progressiste-conservateur alors au pouvoir, elle devint par le fait même chef du gouvernement et première femme à occuper le poste dans l’histoire du Canada. Les conservateurs pensaient avoir trouvé l’arme secrète pour battre Jean Chrétien.
Elle présida plutôt à la plus grande déroute électorale de l’histoire canadienne. Les conservateurs perdirent 149 des 151 sièges qu’ils occupaient aux Communes. Kim Campbell fut battue dans sa circonscription de Vancouver.
Parfois les femmes dirigent le parti et le gouvernement qu’elles ont reçus en héritage d’un homme, leur père ou leur mari. Ce fut le cas de Benazir Bhutto au Pakistan, d’Isabel Perón en Argentine (une danseuse que Juan Perón a rencontrée un soir à Panamá) et d’Indira Gandhi en Inde (son papa s’appelait Nehru).
Au pouvoir, les femmes sont aussi va-t-en-guerre que les hommes. Des pays dirigés par des femmes ont eu recours à la force des armes pour régler des différends. : Golda Meir (Israël), Margaret Thatcher, Indira Gandhi. Certaines ont dirigé des gouvernements autoritaires comme Isabel Perón.
La belle et brillante Benazir Bhutto, qui, bien que laïciste, portait le voile (électoralement inévitable), a été la première femme à diriger un pays à majorité musulmane. S’inspirant des politiques de Margaret Thatcher, elle donna un coup de barre à droite au Parti populaire pakistanais de son père. Des intégristes musulmans l’ont assassiné alors qu’elle espérait reprendre le pouvoir. Des affaires de corruption impliquant son mari l’avaient forcée à démissionner alors qu’il prenait le chemin de la prison. Elle-même faisait face à des accusations en Suisse.
Ma préférée ? La Dame de fer, Mme Thatcher, si méchamment et joliment chantée par Renaud. Avec une détermination toute churchillienne, elle a imposé des réformes structurales qui ont permis de relancer l’économie et de sauver l’Angleterre. Miss Maggie était dans le camp des lucides. Même s’ils ont décrié ses politiques, les travaillistes se sont généralement abstenus d’y toucher lorsqu’ils sont revenus au pouvoir. Au contraire, ils ont, dans plusieurs cas, poursuivi ses politiques, mais de façon moins voyante, plus hypocrite. En France depuis plus de 20 ans, tous les gouvernements qui se sont succédé ont été incapables d’appliquer des mesures semblables qui s’imposent pourtant pour stopper le déclin du pays. Les «Gilets jaunes» ont forcé Emmanuel Macron à faire, à son tour, marche arrière. Les Français ont besoin d’un chef d’État de la trempe de Margaret Thatcher.
Homme ou femme, c’est du pareil au même.
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